Un montant qui explique à lui seul la résistance du pays
En 2025, ces transferts ont atteint environ 5 milliards de dollars, une hausse de 20 pour cent par rapport à 2024. Ce chiffre prend tout son sens quand on le compare à la situation générale du pays. L'économie haïtienne s'est contractée pour une septième année consécutive en 2025, avec un recul du PIB réel de 2,7 pour cent, et près de 49 pour cent de la population vit avec moins de 3 dollars par jour. Dans ce contexte, l'économiste Enomy Germain souligne que les transferts de la diaspora ont augmenté de 60 pour cent entre 2018 et 2025, devenant selon lui le seul véritable pilier ayant soutenu l'économie pendant que les troubles politiques et l'insécurité détruisaient les richesses créées sur place.
Un pilier que certains voudraient fragiliser
Cette dépendance a aussi son revers. Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a évoqué la possibilité d'utiliser ces transferts d'argent comme un outil de pression migratoire, une perspective qui inquiète autant les familles bénéficiaires en Haïti que les analystes économiques. Le pouvoir d'achat de nombreux ménages haïtiens repose directement sur ces envois de fonds, et toute restriction ou taxation pourrait fragiliser un peu plus une économie qui n'a déjà presque plus de marge de manœuvre.
Ce que révèlent ces chiffres dépasse la seule question économique. Ils rappellent que la diaspora haïtienne, par ses envois mensuels souvent modestes à l'échelle individuelle, joue collectivement un rôle que ni l'État ni les investisseurs étrangers n'ont réussi à assumer ces dernières années. Comprendre l'ampleur de cette contribution, c'est aussi comprendre pourquoi tout ce qui touche à la diaspora, de son statut légal à l'étranger jusqu'à ses habitudes d'épargne, concerne directement l'avenir économique d'Haïti tout entier.
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