Le problème n’est donc pas le manque de main d’œuvre, mais l’absence d’un terrain propice à l’investissement.
L’insécurité tue l’investissement avant qu’il ne naisse
L’économiste Etzer Emile l’a résumé de façon limpide dans une analyse récente. L’insécurité, l’instabilité, la mauvaise gouvernance et la corruption qui caractérisent le paysage sociopolitique haïtien annihilent toute possibilité d’investissement rentable dans le pays. Un entrepreneur qui hésite à ouvrir un commerce à cause du risque de kidnapping ou d’extorsion ne créera jamais les emplois que ce commerce aurait pu générer. C’est un cercle qui se referme sur lui même, chaque année un peu plus fort.
Le chômage devient alors un symptôme, pas la maladie
Ce qu’on appelle chômage récurrent en Haïti n’est donc pas un accident statistique. C’est la conséquence directe d’un climat qui empêche les capitaux, locaux comme étrangers, de circuler vers les secteurs qui embauchent. Une usine qui ferme, un investisseur qui renonce, un projet qui reste sur papier, chacun de ces événements se traduit en emplois qui ne seront jamais créés.
Comprendre cette mécanique est essentiel pour ne pas se tromper de combat. Créer des emplois en Haïti ne dépend pas seulement de programmes de formation ou de subventions ponctuelles. Cela dépend d’abord d’un climat de sécurité et de gouvernance qui donne aux investisseurs une raison de croire au pays. Tant que cette base ne sera pas posée, les meilleures intentions économiques resteront des projets sur papier.
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