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Actualité Haïtienne

Essence suspecte en Haïti : les moteurs tombent en panne, la question du contrôle reste entière

Depuis deux semaines, des motocyclistes, des chauffeurs et des syndicats de transport dénoncent une essence qui abîmerait les moteurs. Le ministère du Commerce promet une enquête, le régulateur réclame les certificats de qualité des cargaisons, et aucune analyse n'a encore tranché.

Une essence qu'on paie 700 gourdes le gallon devrait au moins faire tourner un moteur. Depuis deux semaines, de plus en plus d'Haïtiens affirment que ce n'est pas le cas, et c'est désormais le régulateur lui-même qui demande des comptes à l'État.


Deux semaines de pannes, puis une grève annoncée


Selon les syndicats de transport, le problème est observé depuis environ deux semaines, avec plusieurs cas de moteurs endommagés. Le porte-parole du Secteur du Transport Terrestre Haïtien a évoqué des voitures comme des motos lors d'une conférence de presse le 15 septembre. Le malaise n'est pas nouveau : dès l'été, des conducteurs interrogés par Juno7 racontaient vidanger leur réservoir après des ratés au démarrage, sans qu'aucune analyse officielle ne soit publiée.


La colère se structure désormais. L'Union des motocyclistes haïtiens a annoncé trois jours de grève, les 21, 22 et 23 septembre, pour dénoncer une gasoline à l'odeur nauséabonde et des dysfonctionnements mécaniques que ses membres attribuent à ce carburant.


Ce que l'État dit, et ce qu'il ne peut pas encore dire


Dans une note du 15 septembre, le ministère du Commerce et de l'Industrie affirme qu'aucune conclusion définitive ne peut être tirée sans analyses techniques et scientifiques. Il appelle à la prudence et au calme, et ouvre une plateforme en ligne où les automobilistes peuvent déposer une plainte avec la station, la date du plein et des reçus.


Le ton s'est durci ensuite. Le 17 septembre, le ministre James Monazard a annoncé une enquête à plusieurs niveaux, la publication des résultats et de possibles sanctions administratives, tout en appelant la justice à intervenir. Il a aussi cité les douanes et le BMPAD parmi les institutions chargées des contrôles, et souhaite un cadre légal plus strict.


Le même jour, le Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier (CCSMP), l'organe qui propose les prix, a écrit au ministre. Dans sa lettre du 17 septembre, il réclame les certificats de contrôle qualité des arrivages du 1er août au 15 septembre. Il demande aussi l'envoi d'inspecteurs pour prélever des échantillons dans les cuves à essence du terminal de Varreux et effectuer des contre-analyses, afin de vérifier les certificats fournis par les importateurs. Il exige enfin des tests réguliers sur toutes les cargaisons importées.


Le maillon en question


Reste la critique que porte Passion Info Plus : des inspecteurs du MCI ont visité plusieurs stations de la capitale pour prélever des échantillons, mais après les premiers dégâts. Le média demande pourquoi les cargaisons n'ont pas été contrôlées avant d'arriver à la pompe. Le ministère, lui, n'a pas encore livré de résultats. Rien ne permet aujourd'hui de dire si le carburant est non conforme, où il l'aurait été, ni qui en porterait la responsabilité.


Ce que vous vivez est légitime


Si votre moto cale, si votre chauffeur hésite à faire le plein ou si votre budget transport explose déjà, votre inquiétude repose sur des signalements réels et sur des institutions qui se renvoient maintenant la question. Les analyses trancheront, et c'est à elles qu'il faudra s'en remettre. En attendant, gardez vos reçus et déposez votre plainte sur la plateforme du MCI. Suivez Wikipeyia pour les résultats de l'enquête et dites-nous en commentaire dans quelle station vous avez eu un problème.

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Wood Smith Brinvil
Fondateur & Chief Marketing Officer (CMO)

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